Sira ou Biographie du Prophète MUHAMMAD (sws) -Fin

L’adieu

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Âgé de soixante-trois ans, le Messager (BP sur lui) était revenu fatigué du pèlerinage. Djibrîl venait chaque année au mois de Ramadan réviser le Coran avec lui et cette année, il vint deux fois. Le Prophète (BP sur lui) comprit que sa fin approchait et il dit à Fâtima : “Djibrîl me vint cette année deux fois alors qu’il venait une fois auparavant. Je pense que mon heure approche. Patiente, si tu seras la plus peinée, sois la plus méritante.” Le dernier verset du Coran fut révélé ces jours-là : “ Et craignez le jour où vous serez ramenés vers Allah. Alors chaque âme sera pleinement rétribuée de ce qu'elle aura acquis. Et ils ne seront point lésés. (Al-Baqara (LA VACHE) : 281).

Treize jours avant sa mort le Prophète (BP sur lui) voulut visiter les martyrs de Uhud. Quelques temps après ses Compagnons l’avaient trouvé en larmes et lui avaient demandé pourquoi il pleurait. Il leur répondit que ses bien-aimés lui manquaient. Ils lui dirent : “Mais nous sommes là, ô Messager d’Allah.” Il leur dit : “Non, vous êtes mes compagnons. Mes amis(il utilisa le terme de ahbabi « mes bien aimés ») sont des gens qui viendront plus tard et qui m’aimeront sans m’avoir vu.”

Quelques jours plus tard, il dit à un de ses compagnons appelé Abou Mouwaïhiba qui était avec lui : “J’aimerais visiter Al-Baqi‘ (cimetière de Médine).” Il alla le visiter et dit à l’homme qui l’avait accompagné: “Tu sais Abou Mouwaïhiba, on m’a demandé de choisir entre vivre éternellement nanti de tous les trésors de la Terre et aller ensuite au Paradis ou mourir et aller à la rencontre de mon Seigneur et j’ai choisi d’aller à la rencontre de mon Seigneur.”    

A son retour d'Al baqi', le Prophète s'alita. Il ne lui restait alors que quatorze jours à vivre. Durant les onze premiers jours, il fit la prière avec ses compagnons avec peine, mais il ne put plus après cela sortir et ordonna à Abou Bakr de présider la prière. Abou Bakr présida la prière, cependant, le Prophète prit du courage et se traîna à l'intérieur de la mosquée. Abou Bakr en le voyant voulut reculer en arrière pour laisser place au Prophète mais celui-ci lui fit signe de continuer et il fit la prière derrière Abou Bakr assis. A la fin de la prière le Prophète leur dit que tout prophète ou messager ne meurt qu'après avoir prié derrière l'un de ses compagnons. Ceci est le signe que le message doit passer aux autres qui se doivent de le porter après la mort de leur prophète.

Durant les derniers trois jours de la vie du Prophète, son état de santé s'aggrava et il dut réunir toutes ses épouses, ce jour-là c'était le tour de Maymouna de recevoir le Prophète chez elle, il leur demanda la permission de se faire soigner chez Aicha et elles acceptèrent. Quand il voulut se lever, il ne put pas. Alors il fit appeler Ali Ibn Abi Taleb et son oncle Al-‘Abass qui le soutinrent et l’emmenèrent chez Aicha. Quand les compagnons le virent épaulé par ces derniers, ils s'interrogèrent et s'inquiétèrent pour lui.

Le Prophète s'alita chez Aicha, fut très éprouvé et disait : « Il n’y a de Dieu qu’Allah. La mort a ses affres. » Aicha racontait qu'il suait abondamment alors elle prit sa main et lui essuyait le visage avec. Quand on l'interrogea pourquoi n'essuyait elle pas elle-même le visage du prophète elle leur répondit que la main du Prophète est plus noble que la sienne !

Aicha dit se rappeler que le prophète quand il s'asseyait au chevet d'un malade, il mettait sa main sur la tête du malade et faisait cette invocation : "ô Allah le seigneur des gens, fais partir le mal et guéris Tu es Le guérisseur, il n'y point de guérison que celle que Tu prodigues, guéris d'une guérison qui ne laissera pas de trace à la maladie" alors Aicha prit la main du Prophète et la posa sur sa tête et récita cette invocation. Le Prophète enleva alors sa main et lui dit : "Plus maintenant ô Aicha." Et Aicha sut alors qu'il allait mourir.

Les gens qui s'étaient rassemblés dans la mosquée se mirent à se parler entre eux et à s'interroger sur le Prophète. Ce dernier s'enquit sur ce qui les amenait à la mosquée et on lui répondit qu'ils étaient venus pour lui, alors il demanda qu'on le porte vers eux.

Il voulut se relever de lui-même mais ne put pas. On dut verser sur lui sept gourdes remplies de différents puits. On le porta jusqu'à la chaire de la mosquée où il dit à ses compagnons ce qui allait être son dernier sermon.

Quand le Prophète se tint sur la chaire, les gens se turent et le silence se fit dans la mosquée. Le Prophète leur dit alors :

 « ô gens, c'est comme si vous craignez pour moi." Tous lui répondirent que oui. Il continua :

« Mon rendez-vous avec vous n'est pas ici-bas, mon rendez-vous avec vous est aux abords du bassin (le Jour du jugement dernier). Par Allah c’est comme si je le voyais de là où je suis !

 Ô gens, par Allah je ne crains pas la disette et la pauvreté pour vous, mais je crains pour vous la vie et que vous vous la disputiez comme l'ont fait ceux qui vous ont précédés et qu'elle vous fasse périr comme elle les a fait périr.

 Ô gens, Allah a proposé à un serviteur de choisir entre la vie d'ici-bas et la rencontre d'Allah et il a choisi la rencontre d'Allah! »

Abou Bakr comprit que ce serviteur était le Prophète lui-même et qu’il était entrain de leur dire qu'il allait mourir, il éclata en sanglots et se mit à répéter très haut : « Nous te protégeons par nos propres vies, nous te protégeons par notre argent, nous te protégeons par nos enfants... » Les gens se mirent en colère contre Abou Bakr pour avoir coupé la parole au prophète, mais celui-ci les retint et dit : « La personne envers qui je suis le plus redevable quant à sa compagnie et son aide est Abou Bakr. Si je devais prendre un ami intime, cet ami intime serait Abû Bakr. ».

Puis il leur dit :

« O gens, si j’ai fouetté (injustement) le dos de quelqu’un (d’entre vous) voici mon dos, qu'il vienne me rendre la pareille !

Si j’ai emprunté de l'argent de quelqu’un et que je ne l’ai pas rendu, voici mon argent, qu'il reprenne son dû et qu’il ne craigne pas la rancune, elle n’est pas dans ma nature !

 Si j’ai souillé l’honneur (ou réputation) de quelqu’un, voici le mien qu'il se venge pour son honneur ! Jusqu’à ce que je retrouve Allah avec une âme saine et pure.»

Puis il leur dit : « ô gens, je vous conjure de prendre soin de la prière. Je vous conjure de prendre soin de vos liens de parenté. Je vous conjure de prendre soin des femmes, je vous recommande le bien envers les femmes. Je vous recommande le bien envers les Ançars. Qu’Allah vous préserve, qu’Allah vous apporte Sa victoire, qu’Allah vous consolide, qu’Allah vous apporte Son soutien et vous fasse triompher. »

Avant de descendre, il dit un mot à notre intention, il dit :

« ô gens, faites parvenir mon salut à tous ceux de ma nation qui suivront mon sentier jusqu'au Jour du jugement dernier. »

Le Prophète se retira chez lui dans l'appartement de Aicha. Sa fille Fatima entra et il lui demanda de s'approcher de lui et lui murmura à l'oreille quelque chose et elle éclata en sanglots. Puis le Prophète lui demanda de s'approcher de lui encore une fois, et lui murmura à l'oreille et elle sourit. Après la mort du Prophète on demanda à Fatima ce qu’il lui avait dit. Elle dit que la première fois, le Prophète lui dit qu'il allait mourir cette nuit, puis quand il la vit entrain de pleurer, il lui dit qu'elle serait la première de sa famille à le rejoindre dans l'au-delà.

Le lundi matin à l'aube, Quand le Prophète entendit la voix des gens dans la mosquée. Il écarta le rideau de son appartement et regarda, un sourire satisfait illumina son visage pâle en voyant les gens debout en rangs derrière Abou Bakr qui présidait la prière. Les gens sentirent sa présence et heureux de le voir, s’écartèrent pour le laisser passer. Mais le prophète leur fit signe de ne pas bouger, puis baissa le rideau.

Au lever du soleil du même lundi, le Prophète mourut. Il était né au lever du soleil, et il mourut au lever du soleil. Sa naissance était le signe de la venue des lumières sur terre, et sa mort était aussi le signe que ces lumières illumineront à jamais la terre par le message qu’il apporta à toute l'humanité.

La mort du Prophète dans le giron de Aicha était significative! Toute sa vie fut une manifestation d'amour; l'ange Jibrîl lui révéla le coran en l'étreignant. Khadîdja était morte dans son giron et voilà qu'il mourut en étant adossé à la poitrine de son épouse ’Aicha. Cette dernière racontait qu'il disait avant sa mort : « le salut de Dieu sur toi aussi ô Jibrîl. » et elle sut que Jibrîl était dans la maison. Jibrîl lui dit : « O Mohammad ! Voici l’ange de la mort qui te demande l’autorisation d’entrer et il ne l’a jamais demandée à un humain avant toi et il ne la demandera jamais à un humain après toi. » Il lui dit : « Autorise-le à entrer. » Aicha entendit cela et comprit que l’ange de la mort était présent. Ce dernier se mit devant le Prophète et dit : « Allah m’a envoyé vers toi et m’a ordonné de t’obéir. Si tu m’ordonnes de ravir ton âme je le ferai et si tu m’ordonnes de la laisser, je la laisserai. Le Prophète leva son doigt vers le ciel et dit : «Plutôt la compagnie du Très Haut ! Plutôt la compagnie du Très Haut ! ».

L'ange de la mort vint alors à côté de la tête du Prophète (BP sur lui) et dit: « Ô toi, bon esprit ! Esprit de Mohammed ben Abdallah! Sors vers l'agrément et les bonnes grâces d'un Dieu satisfait non fâché (contre toi) ! »

La tête du Prophète s’alourdit soudain dans les bras de sa femme Aicha, et sa main tomba sur son corps. Aicha sut alors que le Prophète était mort et ne sut pas quoi faire. Affolée, elle ouvrit la porte de son appartement qui donnait sur la mosquée et cria : le messager d'Allah est mort, le messager d'Allah est mort … ! Et tous ceux qui étaient dans la mosquée éclatèrent en sanglots.

Les compagnons du Prophète furent terrassés par cette nouvelle. Ali Ibn Abi Taleb tomba sur ses genoux et ne put se relever paralysé par le chagrin. Quant à Othmane, on le prenait par la main comme un enfant gémissant et sanglotant. Fatima quant à elle se résigna et se retint comme lui a recommandé le Prophète et disait seulement : « O père ! Tu as répondu à l’appel de ton Seigneur ! O père, le paradis du haut Firdaws est le lieu de ton séjour ! O père ! À Jibrîl nous annonçons ta mort ! O père ! Combien tu es proche de ton Seigneur ! »

‘Omar était encore plus affligé, lui qui était pourtant ferme et résigné, tira son sabre et dit : « Celui qui me dit que le Prophète est mort je lui couperai la tête, il est seulement parti rencontrer son Dieu comme l'a fait le Prophète Moise. »

Le plus résigné de tous était Abou Bakr. Il entra dans l'appartement du Prophète, le prit dans ses bras et lui baisa le front et dit : « ô mon bien aimé, ô mon Prophète. » Puis en regardant le visage du Prophète illuminé dit : Que tu es beau vivant et mort ô mon Prophète. Ensuite il sortit et dit à l'intention de ses compagnons : « tais-toi ô Omar. Ô vous les gens, celui qui adorait Mohammed, Mohammed est mort, et celui qui adorait Allah, Allah est vivant et ne mourra pas. »

Abou Bakr se mit à réciter ces versets : Allah (exalté soit-Il) dit: "Muhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés -. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos talons? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants. " ('Al-`Imrân (LA FAMILLE D'IMRAN) : 144).

‘Omar dit : c'est comme si j'entendais ces versets pour la première fois, j'ai su alors qu'il était mort. Je suis sorti de la mosquée cherchant un lieu pour pleurer seul. Mais Abou Bakr l'interpella et lui dit : le message ô ‘Omar. ‘Omar comprit qu'il fallait désigner quelqu'un au commandement de la nation avant même d'enterrer le Prophète.

Les musulmans tinrent conseil et désignèrent Abou Bakr comme calife et les gens lui prêtèrent serment d'allégeance.

Le Prophète fut lavé par les membres de sa famille; son cousin et gendre Ali Ibn Abi Taleb, son oncle Al-‘Abbas et son fils Al Fadhl Ibn Al-‘Abbas et Oussama Ibn Zayd le fils de Zayd Ibn Haretha. Ils le lavèrent dans ses habits, tel que le Prophète avait recommandé à Ali Ibn Abi taleb.

Les compagnons prièrent sur le Prophète par groupes successifs. Puis vint le moment de l'enterrer. Les compagnons ne savaient pas s'ils auraient la force d'ensevelir celui qui était parmi eux le bien-aimé. Ils se souvinrent de son hadith : « Ma vie est un bienfait pour vous et ma mort est un bienfait pour vous. Ma vie est un bienfait car je vous guide vers la voie d'Allah, et ma mort est un bienfait pour vous, car vos actes me seront exposés tous les jeudis, si vous faites du bien je louerai Allah et si vous faites du mal je demanderai pardon à Allah pour vous. Les compagnons lui dirent: comment nous reconnaîtras-tu ô messager d'Allah ? Il leur répondit : je vous reconnaîtrai un par un par vos parentés et vos noms. Les compagnons lui dirent : comment cela sera-t-il possible alors que tu seras sous terre. Alors le Prophète leur dit : Allah a interdit à la terre de consumer les corps de prophètes et messagers. »

 

Les compagnons mirent sous terre le Prophète et l'ensevelirent avec tristesse et la douleur dans l'âme.

Anas Ibn Malek dit : « Le Prophète est entré à Médine un lundi et toute Médine s'illumina par sa venue, et le Prophète quitta Médine un lundi et toute Médine s'assombrit par son absence. »

Le lendemain à l'aube, Billal à son habitude monta sur la mosquée pour appeler à la prière. Mais dès qu'il voulut dire : je témoigne que Mohammed est le message d'Allah, il éclata en sanglot et ne put continuer l'appel. Il demanda alors à Abou Bakr de le dispenser de cette tâche.

Portons nous aussi cet amour envers le prophète ? Nous manque t-il aujourd'hui ?

Nous sommes arrivés au bout de cette sira


J’ai trouvé la sira du Habib sur le net bien sur j’ai aimée cette version plutôt qu’une autre… j’ai retouché certains passages… j’espère vraiment  avoir fait pour le mieux …

 

 

Contribution de "Ijtihadi" pour l'Association "Bonheur Pour Tous".

 

Association Bonheur Pour Tous, 72 rue de Clichy, 75009 Paris
Site réalisé par Thomas DUTRION © 2009 | Design par Aline DELVALLE
Forum propulsé par phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group